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sábado, 8 de octubre de 2011

Reconocer el crimen de feminicidio (Reconnaître le crime de féminicide)

Por: Jean Jean-Michel Bouvier*

El viernes 15 de julio en Salta, al norte de la Argentina, mi hija Cassandra ha sido golpeada, violada y asesinada de un balazo en la cabeza. En la morgue del hospital de Salta, sus ojos negros de gran tamaño estaban con miedo, pero impregnados de una determinación trágica, así como las marcas del desencadenamiento de la violencia ejercida sobre su cuerpo, nos petrificó de horror al padre, a la madre, al hermano y a su hermana que llegaron hasta allí para honrar a su cuerpo y llevarla de regreso a Francia.

Al día siguiente se apoderó de mí la idea de que los actos cometidos, primero, contra su libertad de mujer, y finalmente contra de su vida merecía una calificación específica con las mismas consecuencias jurídicas como un crimen contra la humanidad. Al día siguiente descubrí en la Embajada de Francia en Buenos Aires el concepto de feticidio, común en toda América Latina. Encontré la bandera de lucha que habría enorgullecido a mi Cassandre.

Incluir el delito de femicidio en la legislación penal de mi país se ha convertido en el Santo Grial de mi vejez. El hombre que golpeó, violó y asesinó a una mujer porque es mujer y tiene una influencia física sobre ella, debería tener un castigo similar al de un crimen contra la humanidad. Será igual para todos los seres humanos que hacen lo mismo en una reunión.

No soy nada sin el apoyo de todas las mujeres y los hombres de buena voluntad y sin que las organizaciones que protegen los derechos humanos y violencia contra las mujeres. A Cassandre no le gustaba la injusticia y sus consecuencias: la pobreza, el destierro, la exclusión. Le gustaba ayudar a las personas desfavorecidas para superar su condición. Le encantaba estar en solidaridad con todos aquellos que sufren y actuar para ellos.

Espero que las autoridades ejecutivas y legislativas de mi país afirmen la absoluta necesidad de garantizar más y más derechos de las mujeres, especialmente los derechos a la libertad y el respeto a la integridad física. El 1° de septiembre le pedí al presidente que tome una iniciativa en este sentido. Pronto voy a ocupar una silla del Senado y me dirigiré a la Asamblea Nacional. En la próxima elección presidencial voy a pedir a los candidatos que tomen una posición sobre el tema. Voy a invitar a los electores a retirar sus votos a los candidatos que no han hecho un compromiso explícito con la inclusión del delito de feminicidio en el Código Penal.

La muerte de Casandre y de Houria, su compañera de viaje, es sin duda un "caso policial" y es comprensible que sea analizado. Pero las condiciones abominables del asesinado son una negación de la mujer que merece una constante cobertura de los medios para proteger a los vulnerables.

Para aliviar mi dolor, le pregunté a Cristina Kirchner, presidenta de la República Argentina, la construcción de un monumento de piedra en el lugar donde Cassandra y Houria fueron asesinadas. Durante su reciente viaje a Francia, ella me dio garantías sobre este punto. En los sueños, me imagino esta estela como una ilustración de una amistad franco-argentino contra el delito de feminicidio. Me lo imagino como el primero de una serie que formará una corona alrededor de la Tierra testigo de la lucha sin descanso para defender la vida de las mujeres.

Gracias, Casandra, por infundirme tu generosidad, tu entusiasmo y tu corazón. Houria y, tú son, por tus familias, ángeles inseparables. También serán heroínas para todas las mujeres argentinas y francesas. Es mi deseo de que lo sean para todos los hombres argentinos y franceses.

Reconnaître le crime de féminicide

Le vendredi 15 juillet, sur les hauteurs de Salta dans le nord de l'Argentine, ma fille Cassandre a été battue, violée et assassinée d'une balle en pleine tête. A la morgue de l'hôpital de Salta, ses grands yeux noirs glacés d'effroi mais pétris d'une détermination tragique comme les nombreuses marques du déchaînement des violences subies par son corps ont pétrifié d'horreur le père, la mère, le frère et la soeur venus là pour honorer une dernière fois sa dépouille et la ramener avec eux en France.

Le lendemain, l'idée s'est imposée en moi que l'enchaînement des actes commis d'abord contre sa liberté de femme et enfin contre sa vie méritait une qualification spécifique ayant les mêmes conséquences juridiques qu'un crime contre l'humanité. Le lendemain, j'ai découvert à l'ambassade de France à Buenos Aires le concept de feminicida commun à l'ensemble de l'Amérique latine. J'avais trouvé l'étendard du combat qui aurait fait la fierté de ma Cassandre.

Inscrire le crime de féminicide dans le droit pénal de mon pays est désormais le Graal de mes vieux jours. L'être humain qui bat, viole et assassine une femme parce qu'elle est femme et qu'il dispose d'un ascendant physique sur elle sera dénoncé comme un barbare et puni à l'égal d'un crime contre l'humanité. Il en sera de même pour tous les êtres humains qui en font de même en réunion.

Je ne suis rien sans l'appui de l'ensemble des femmes et des hommes de bonne volonté et sans celui des organisations qui militent pour les droits humains et contre les violences faites aux femmes. Cassandre n'aimait pas l'injustice et ses conséquences : la pauvreté, la relégation, l'exclusion. Elle aimait chercher ce qui permet aux personnes défavorisées de sortir de leur condition. Elle aimait être solidaire de tous ceux qui souffrent et agir pour eux.

J'attends des autorités exécutives et législatives du pays qu'elles affirment la nécessité absolue de garantir toujours davantage les droits des femmes et plus particulièrement leurs droits à la liberté et au respect de leur intégrité physique. Le 1er septembre, j'ai demandé au président de la République, de prendre une initiative en ce sens. Bientôt, je saisirai les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale. Lors de la prochaine élection présidentielle, je demanderai aux candidats de prendre position sur le sujet. J'inviterai les électrices et les électeurs à refuser leur suffrage aux candidats qui n'auraient pas pris d'engagement explicite pour l'inscription du crime de féminicide dans le code pénal.

La mort de Cassandre et d'Houria, sa compagne de voyage, est certes un "fait divers", et il est compréhensible qu'il soit balayé. Mais les conditions abominables de leur assassinat sont une négation de la femme qui mérite un écho médiatique constant pour la protection des êtres vulnérables.

Pour soulager ma douleur, j'ai demandé à Cristina Kirchner, présidente d'Argentine, l'édification d'une stèle commémorative sur le lieu même où Cassandre et Houria ont été niées. Lors de son récent séjour en France, elle m'a donné des assurances sur ce point. Dans les rêves les plus fous, j'imagine cette stèle comme l'illustration d'une amitié franco-argentine soudée contre le crime de féminicide. Je l'imagine comme la première d'une série composant une guirlande autour de la Terre pour témoigner du combat inlassable pour défendre la vie des femmes.

Merci, Cassandre, de m'insuffler ta générosité, ton enthousiasme et ton coeur. Houria et toi, vous êtes désormais, pour vos familles des anges inséparables. Vous serez aussi des héroïnes pour toutes les femmes argentines et françaises. Je forme le voeu que vous le soyez aussi pour tous les hommes argentins et français.

*El texto original fue publicado por el diario francés Le Monde. Fué escrito por Jean-Michel Bouvier, el padre de Cassandre, la turista cruelmente asesinada en Salta (Argentina) junto a su compañera de viaje, Houria Moumni.

Tomado de: http://www.lanacion.com.ar/1412102-carta 

Versión en francés tomada de: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/05/reconnaitre-le-crime-de-feminicide_1582523_3232.html

1 comentario:

Carolina Fragoso dijo...

Ça va, je m'appelle Carolina, j'ai 24 ans et je suis brésilienne. J'ai été secoué avec la lettre sur le cas de deux femmes assassiner en Argentine. Malheureusement, de tel cas se produisent souvent au Brésil. Ici nous avons une loi pour protéger les femmes contre l'agression. Cependant, après la mise en œuvre de la loi, nous avons vu des cas entraîner des tragédies entièrement évitable. Jusqu'à l'année dernière, les chiffres officiels révèlent que chaque jour l'assassin avait environ 10 femmes par jour dans tout le Brésil. Notre culture aime à souligner la beauté des femmes brésiliennes, mais cache son côté sexistes et violents. Je suis une professeur de sociologie, d'enseigner les jeunes de 15 à 19 ans dans une ville périphérique à São Paulo. Je réalise que la plupart des filles ont une vue limitée de ce qu'est la vie. À l'école, ils se soucient plus de rencontres. Ne prend pas longtemps et ils tombent enceintes et envenimer la vie de femme au foyer. Si jeune, avec une vie particulière.
J'ai aimé votre blog, c'est un travail incroyable, un lecteur a déjà gagné!
Merci,

Caroline Fragoso

* Excuse moi, je ne parle bien français. Je vais améliorer!

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